Les enfants de l'ombre - de René BARJAVEL

Publié le par sagweste

Les enfants de l'ombre - de René BARJAVEL
BARJAVEL René
Les enfants de l’ombre
 
Genre : recueil de 3 nouvelles
Sorti en 1956
Lu aux Editions Folio
Ma note : 5/5
 
Résumé :
Un prince paré de toutes les vertus désespéré par un chagrin d’amour ; une petite ville thermale dont les zélés citoyens, dévoués au profit, s’ennuient à mourir ; un groupe de survivants réchappé d’une guerre nucléaire à la recherche d’un nouvel Éden… Issus de tous les horizons, les personnages de Barjavel portent «en eux le regret des ans où ils étaient des enfants aux yeux clairs, où la réalité visible ne bornait pas leur univers, où toutes les aventures étaient possibles». Trois nouvelles pour réenchanter un monde meurtri par la folie des hommes, pour renouer avec la magie de l’esprit d’enfance.
 
La couverture :
Je ne retrouve pas l’ambiance Barjavel dans cette couv’ bien trop poétique, trop emprunte de modernité.
 
Mon avis :
Un régal… je me suis baignée dans l’atmosphère Barjavel tel que je l’adore. C’est mon amie Mélie du blog The Love Book qui me l’a offert, connaissant mon admiration pour cet auteur.
 
Ici 3 nouvelles mélangeant ses thèmes favoris : un monde complétement revisité par lui, une allégorie à ce qui a été, est et sera, et une part de fantaisie, de ‘magie’.
 
- Le Prince blessé
Le bon roi de Bagdad envoie son fils le plus beau, le plus sain, adulé par le peuple, en France, afin d’y parfaire son éducation. Mais l’amour va transcender ce jeune homme jusqu’à la déraison, mais pas que.
Barjavel, à coup de génie bienfaisant, protège son héros et lui fait endurer la douleur de la perte psychique et physique.
Une nouvelle sur l’acceptation des sentiments et ressentiments de l’autre qui fera grandir votre moi.
Touchante, elle est à la fois pleine de poésie et d’atrocités, mais avec une morale si pleinement posée que le sourire vous revient aux lèvres de suite.
 
- Les enfants de l’ombre
Chussy en France devient une ville thermale connue du monde entier et fait la richesse de la royauté et du peule sur place. Mais quand on a tout, vient l’ennui…et quand vient l’ennui on est prêt à toutes les orientations pour plonger dans une légitime activité quelconque. Ici un ancien qui est persuadé d’avoir vu un monstre sur et dans la rivière, entrainera un effet papillon dévastateur sur la région.
Une petite fille viendra éclairer ce ‘monstre’.
Ici, Barjavel nous entraine dans les dérives d’une société qui s’ennuie, qui possède tout, et peut tout avoir. Ils ont tous testé, tout assouvi et cela leur a fait perdre tout discernement. Une plume si déliée que l’on en viendrait presque à se dire qu’ils ne pouvaient pas faire autrement.
 
- Les rescapés du B. 312
Les possibilités pour se rendre d’un pays à un autre étant quasiment instantanée, chacun emprunte un bus se déplaçant dans la stratosphère pour faire ses courses, aller au bureau etc. Mais la peur de la bombe atomique détenue par tous a fait monter en escalade la paranoïa d’être le 1er à pouvoir se défendre ou attaquer s’il le faut. Chaque ville de la terre est donc devenue la cible de fusées atomiques potentielles.
Du haut de leur bus, les quelques 300 passagers et leur pilote assistent à l’enchainement d’explosions de bombes nucléaires qui anéanti le monde. Ils se retrouvent survivants avec d’autres bus et vont recréer une société basée sur la paix.
4000 ans plus tard, leurs descendants en pleine progression sur les autres planètes, vont réitérer sans le savoir le même mode opérandi à l’échelle du cosmos, le tout sur fond d’ennui profond car l’humain n’a rien à faire, les machines s’occupent de tout : mais si quelques uns voulaient être maîtres de leurs destinées…quelles ruptures, quelles conséquences pour tout un système activé des milliers d’années plutôt.
Ici aussi, l’ennui sera le déclencheur. A ne rien faire, l’espoir s’en va. L’humain préfèrera rester dans un sommeil profond plusieurs mois ou années plutôt que de de se voir passif.
Une magnifique épopée qui nous montre que tout n’est que recommencement, quelques soient les années qui passent.
 
 
Ces histoires sont contemporaines à Barjavel, donc dans un contexte des années 1950 de notre ère. Donc elle sont à la fois progressistes, basées sur une certaine science fiction possible avec les moyens connus et envisageable dans les 50’s.
Merveilleuses pour moi, je vais réitérer très bientôt d’autres de ses écrits.
 

 

Publié dans Nouvelle

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Mélie 26/08/2016 13:21

Je suis ravie, ravie, ravie <3 Bisous ma chérie.