Jours sans faim - de Delphine de VIGAN

Publié le par sagweste

Jours sans faim - de Delphine de VIGAN
Delphine DE VIGAN
Jours sans faim
 
Genre : roman dramatique, anorexie, hospitalisation, souffrance
Aux Editions J’ai Lu
Sorti en 2009
 
Ma note : 4/5
 
Résumé :
Laure, dix-neuf ans, est anorexique au dernier degré. Elle entre à l’hôpital au service de nutrition. Hospitalisée pendant trois mois, elle oscille entre angoisse et volonté de s’en sortir, pour finalement accepter de perdre le contrôle sur la seule chose de sa vie qu’elle maîtrise : son poids. Dans un style remarquable de sobriété, Delphine de Vigan dresse le portrait de ce combat pour la survie.
 
La couverture :
Très sobre, la jeune fille est belle sur la photo, de dos, pour ne pas affronter notre regard.
 
Mon avis :
L’auteure, que je découvre, nous plonge dans l’enfer que vit une jeune fille face à une anorexie sévère pour laquelle elle refuse catégoriquement de mettre un nom.
 
Au commencement, elle se terre chez elle, tremblant de froid devant son radiateur, sous une superposition de vêtements. Sa souffrance est telle que plus rien ne la réchauffe. Un appel d’un psy, et se met en marche un petit fil de volonté pour ‘peut-être’ vouloir que ce froid s’atténue, mais pour cela seule l’hospitalisation pourra l’éloigner de la mort qui se profile.
On va vivre au jour le jour avec cette jeune fille au bord du gouffre, qui veut s’en sortir juste ce qu’il faut car l’ivresse du contrôle de son corps est trop prégnante. Dans sa chambre d’hôpital, elle rencontrera d’autres personnes comme elle, ainsi que d’autres en désespoir complet de trop manger de manière chamboulée. Leur bouée de sauvetage à tous : ce psy et l’équipe soignante. Mais comment passer outre le fait d’être engraissée par une machine qui délivre sa dose de calories par un tuyau directement dans l’estomac. Comment vaincre ce besoin de contrôler la moindre digestion qui devient un supplice ? Survivre est un combat. Mettre un mot sur son maux est un engagement de remonter la pente, mais pas plus qu’il ne le faut. La souffrance physique est aussi douloureuse que celle mentale ; Ce corps dont les os transperce presque cette peau grise, l’empêchant de s’assoir, le contour des lèvres que devient marronné, les yeux qui n’existent presque plus tellement ils sont enclavés et ont perdu de leur curiosité.
C’est à la fois un récit poignant mais une ode à la vie.
Je suis chamboulée à la fin de cette lecture. Bravo à l’auteure pour avoir réussi à en faire un roman plein de beauté malgré tout, sans pudibonderie ou malveillance.

Publié dans Roman dramatique

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