Terminus Elicius - de Karine GIEBEL

Publié le par sagweste

Terminus Elicius - de Karine GIEBEL
Karine GIEBEL
Terminus Elicius
 
Genre : thriller
Edité en 2014 et réedité le 3/11/2016 aux Editions Belfond
Ma note : 4/5
 
Résumé:
Lettres d'amour d'un assassin...
« Ma chère Jeanne,
J'aimerais que vous m'aimiez comme je vous aime.
Mais, pour m'aimer, il vous faut me connaître.
Savoir ce que je suis... Certains diront un monstre.
D'autres chercheront des explications lointaines, surgies de mon passé.
Beaucoup jugeront, condamneront.
Mais qui comprendra vraiment ? Vous, je l'espère.
Hier soir, j'étais avec une autre femme que vous.
Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle.

Juste le temps de la tuer... »
 
La couverture:
En plein dans le sujet : une femme, un train.
 
Mon avis:
Je remercie les Editions Belfond pour m’avoir offert ce livre par l’intermédiaire de la plateforme NetGalley.
 
On ne présente plus notre auteure française, magnifique dans ses écrits autour du thriller. Ici est réédité un de ses premiers livres datant de 2004 qui avait reçu le prix marseillais du polar en 2005.
 
Nous faisons connaissance avec Jeanne, secrétaire dans un commissariat de Marseille, qui prend le train Istres-Marseille tous les jours, matin et soir, à la même heure. Jeanne est tout en nuance, se sous estimant grandement, n’ayant quasiment aucune confiance en elle, se diluant pour paraître invisible aux yeux de tous. Elle vit avec sa maman, par choix, alors qu’elles sont très novices l’une pour l’autre. Prendre son indépendance est très compliquée pour Jeanne, pleine d’interrogations même si l’envie est très fréquente.
 
L’auteure arrive à nous faire vivre Jeanne comme si nous la connaissions depuis toujours avec ses rituels, ses doutes. Elle n’est pas parfaite mais n’est pas différente des autres jeunes femmes : au fond d’elle, elle aspire à rencontrer un homme qui saura la voir, elle, avec ses fragilités.
 
Et puis, une lettre glissée entre la paroi du train et le siège où Jeanne s’assoit presque toujours. Une lettre d’un inconnu, qui l’a remarquée, qui ose lui écrire. Le dilemme est de savoir si elle souhaite ou pas faire fi du bon sens et d’espérer d’autres lettres, un autre jour, au même endroit.
 
Oui mais la 2ème lettre est atterrante, Elicius (son nom de plume) est l’auteur des meurtres qui secouent Marseille et pour lequel son commissariat est sur le pied de guerre, notamment un inspecteur, Fabrice,  pour lequel elle a un petit béguin. Mais Elicius s’explique, petit à petit, la cajole par les mots.
 
A partir de là, l’auteure nous fait naviguer sur les émois à tendances psychotiques de Jeanne qui alterne l’envie de le dénoncer et celui de se taire. Tout est conté intelligemment, arrivant à me rendre Jeanne très antipathique puis, la page d’après, la plaindre, avoir envie de la secouer, puis de l’accompagner à affronter ses peurs.
 
Tout est finesse, avec une intrigue se jouant des ressentis, se jouant de l’enquête qui pour le coup devient secondaire, se jouant de la normalité qui n’en devient plus nécessaire.
Bien-sûr tout au long je me suis dit : mais pourquoi fait-il ça ? Pourquoi elle ? Réponse fournie par l’auteure en son temps.
 
Alors bravo pour ce thriller qui a été un page turner pour moi.
 
Cette édition est également marquée par la présence en fin de livre par une nouvelle ‘Aurore’, liée de loin à l’histoire. Comment le mal-être d’ados peut avoir des conséquences aussi dramatiques et qui peuvent devenir des faits d’actualités bien connus.

 

Badge Lecteur professionnel

Publié dans Thriller

Commenter cet article