Station Eleven - de Emily ST JOHN MANDELL

Publié le par sagweste

Station Eleven - de Emily ST JOHN MANDELL
Emily St JOHN MANDEL
Station Eleven
 
Genre : Dystopie
Chez Rivages
Sorti le 24 août 2016
 
Ma note : 4/ août 5
 
Résumé :
Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.
Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…
 
La couverture :
Sobre, comme le monde d’après.
 
Mon avis :
Je remercie mon collègue Yann pour m’avoir permis de découvrir cette dystopie.
 
Ce livre à la couverture neutre n’attire pas spécialement l’œil dans les librairies, et pourtant je me suis régalée à sa lecture.
 
Tout d’abord nous assistons à la dernière représentation du Roi Lear avec Arthur, un comédien qui va s’écrouler sur scène. A ses côtés, une petite fille, Kirsten, et celui qui va tenter de le sauver par tous les moyens, Jeevan. Rien n’y fera, mais cette même soirée sera le point de départ d’un désastre humanitaire sans précédent qui décimera la quasi-totalité des êtres humains en quelques semaines.
 
L’auteur nous fait faire un bond de 20 ans pour retrouver Kirsten, qui a survécu et qui a intégré une troupe de cirque itinérante où les musiciens classiques côtoient des comédiens shakespeariens. Les temps sont durs, chaque traversée de villes, de forêts est potentiellement dangereuse. Nous allons donc les suivre, nous arrêter dans des endroits un peu bizarre.
 
Le livre se met au rythme de leurs déplacements, à pieds, lentement, avec leurs roulottes de récupération. Les rencontres avec d’autres survivants nous interpellent sur l’évolution que l’être humain peut prendre quand il est confronté aux éléments de la nature, sans aide technologique pour affirmer sa dominance. Des disparitions vont avoir lieu, chamboulant leur perception. Mais sans inquiétude, ici nous ne sommes pas dans un monde de zombies, de monstres en tout genre, juste l’être humain avec ses faiblesses, ses coups de cœur, son besoin de comprendre et de se souvenir.
 
Tous les chapitres intercalent des flashes back sur la vie d’avant le désastre, où l’on retrouve Arthur, ce comédien décédé sur scène, de sa fin d’adolescence à sa fin tout court. Nous y croiseront ses femmes. Chaque retour en arrière mettra en lumière des entrecroisements dans la vie d’aujourd’hui pour les ‘héros’ que nous croiserons. Tout est lié, le destin, le déroulé de la vie, s’explique quelque peu.
 
Ce roman se lit de manière addictive, la plume nous entraine de bonds avant/maintenant. L’auteur nous fait réfléchir sur ce monde sans plus rien d’électrique, d’électronique. Il y a ceux qui se souviennent et ceux qui ont du mal à s’imaginer que cela a pu exister.
 
Le fil rouge choisit par l’auteur tout au long du récit est cet illustré, réalisé ‘avant’, entre les mains de Kirsten "Station Eleven". Il servira d’ancrage à l’histoire. J’ai trouvé cet élément plus que bienvenu car il nourrit le cœur de certains évènements.
 
Aussi bravo pour ce livre, une dystopie à destination des adultes, sans romance, ni mangeurs de chairs en tout genre, d’un rythme tranquille.
Et si cela nous arrivait demain ?

Publié dans Dystopie

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Chut Maman Lit 08/05/2017 09:42

Chouette une dystopie plus adulte, je note pour me réconcilier avec le style... j'avoue j'ai fait une overdose de dystopie YA.
Par contre c'est vrai que la couv' n'attire franchement pas le lecteur même si je vois bien en quoi elle représente bien c'est univers post-apo !